Sous le jardin des plantes

75005 Paris

 

Laboratoire des catacombes d'Armand Viré

Armand Viré est un spéléologue scientifique, fondateur de la biospéléologie et attaché au Muséum national d'histoire naturelle. Il obtient en 1896 son propre laboratoire souterrain, dans les carrières de calcaire sous le jardin des plantes de Paris. Il travaillait sur toutes les espèces cavernicoles en particulier les isopodes, crustacés, myriapodes, et coléoptères. Entre 1894 et 1929 il est directeur du laboratoire de biologie souterraine à l'Ecole des Hautes Etudes. Naturalistes passionnés des souterains, Armand Viré et Jacques Maheu, partaient pinces et lanternes à la main, pour récolter des spécimens des carrières souterraines, l'un spécialisé dans les insectes, l'autre dans la flore. Armand Viré demanda l'autorisation à l'inspection générale des carrières de circuler librement dans tout le réseau des catacombes de Paris, et il eut comme réponse "En fait d'animaux, vous ne verrez guère accidentellement que des hibous et des rats".

Le laboratoire subit d'important dégats lors de la crue de la Seine en 1910 (une inscription "1910" est visible sur un des murs avec un trait, jauge du niveau de l'inondation ?), et fermera ses portes après la déclaration de guerre en 1914. On peut encore y voir de belles paillasses en marbre et ardoise sculptées sur lesquelles reposent de nombreux sacs d'échantillons géologiques (des silex majoritairement) provenant de grottes, recueillis au XXème siècle, pour ceux qui sont datés, des échantillons archéologiques, de fragments de potterie, d'os animal, coquilles d'escargot, dents, reste de mosaïques et de représentation de coupe géoligique.

 

Une inscription "1896-1897 A. Milne Edwards directeur A. Viré entreprit ici des expériences zoologiques" est gravée à l'entrée de la pièce principale. Alphonse Milnes Edwards est directeur du muséum d'histoire naturelle à partir de 1891. Dans son laboraroire souterrain, il mettra en élevage et étudiera les animaux récoltés lors de ses explorations souterraines. Il y soumettra également d'autres animaux, récoltés en surface, pour observer les éventuelles transformations. Ces expériences en parralèle à des observations dans d'autres grottes, lui permirent de mettre en lumière des transformations anatomiques des organes des sens : yeux, ouïe, odorat, appareils tactiles, dépigmentations...

 

Alphonse Milne Edwads / Armand Viré

 

Armand Viré ne publia pas de livre sur la faune des Catacombes de Paris, mais quelques articles, en voila quelques titres :

- Organes des sens des crustacés obscuricoles des Catacombes de Paris et des cavernes du Plateau central par M. A. Viré (Laboratoire de MM Milme Edwards et Bouvier) ; 2 pages

Il parle notemment des petits crustacés présents dans la fontaine de la Samaritaine, et de l'expérience de Héricart de Thury qui placa des poissons rouges dedans pour observer l'influence de l'obscurité sur ceux-ci. Ceux-ci crevèrent au bout de quelques années sans procréer.

Il évoque également la présence de Copépodes (Cyclops fimbriatus) et a observé une légère décoloration de leur tissus et le petit Isopode aquatique Asellus aquaticus, qui est complètement dépigmenté et voit leur organes olfactifs plus développé que leur collègue de surface. Il observe également en grande quantité des Niphargus puteanus, dans les ruisselets d'eau courante des Catacombes.

Petit apercu des espèces dont il parle (elles font souvent au alentour d'un millimètre) :

Cyclops / Asellus / Niphargus

 

- Des catacombes de Paris par Armand Viré ; Bulletin de la Société des sciences naturelles de Saône-et-Loire 1895

- La Faune souterraine, études sur la faune cavernicole du Jura avec quelques notes sur la faune des catacombes de Paris et des souterrains refuges de Naours (Somme) ; recherches préhistoriques dans le Doubs et le Jura, par M. Armand Viré. 35 pages ; au siège de la Société, 1896

- La nature ; Vingt-cinquième année, premier semestre : n° 1227 à 1252 ; Les catacombes de Paris et leur faune , A. Viré 1897

- Le Laboratoire des Catacombes, par M. Armand Viré 8pgimpression nationale ; 1897

- Bulletin / Museum national d'histoire naturelle (France). Volume 7 ; Armand Viré 1901

- Influence de la lumière et de l'obscurité sur la transformation des animaux, observations et expériences. (Conférence annuelle transformiste) Viré (Armand) Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris ; Volume 3 ; Numéro 3 ; pp. 581-589 ; 1902

Dans cet article Armand Viré étaye la théorie transformiste et l'apparition de nouvelles espèces par évolution avec ses observations à l'appui.

 

Le laboratoire abandonné en temps que laboratoire, fut encore fréquenté par des scientifiques de manière ponctuelle. Dans le bulletin du Muséum 2ème série, 1946, tXVIII n°5, Jean-Marie Demanges publit un article, Callipus Foetidissimus Gallicus denticulatus Nov. Var. des catacombes du Muséum d'histoire naturelle de Paris (Myriapodes Diplopodes). Dans cet article, sont décrit les particularité anatomique de Iule collectés par M. Bourgouin au cours d'une chasse dans les catacombes du Muséum. Il présente ces spécimens comme une nouvelle variété de l'espèce, à partir de leur singularité au niveau des différentes formes de la 8ème patte, le gonopode (differente forme de flagelle, et dent porté par le gonopode).

Les iules de Demanges

 

Dans la galerie plus loin en direction de l'orangerie, il reste entreposé des anciens terrariums en plastique transparent, relié entre eux par des petits tunnels cylindrique, et des bouteilles de solution avec le pH indiqué. Un thermomètre accroché au mur, indique la température constante de 12°C.

 

 

On peut observer aussi les vestiges des installations électriques et en eaux (un lavabo de laboratoire, et des tuyaux apparent d'arrivée d'eau, directement de la Vanne).

 

 

Paillasse en pierre sculptée :

Le laboratoire était alimenté en eau et en électricité

 

"1896-1897 A. Milne Edwards directeur A. Viré entreprit ici des expériences zoologiques" :

 

 

Une plaque de consolidation réemployée, et transformée pour devenir un 1896.

 

 
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