Laos 2016
Expédition spéléo EEGC
J+0 Départ de Paris
J+1 Arrivés à Bangkok par une escale à Ashkabat. Cette compagnie si peu enviée des critiques n’est pas si terrible. Turkmenistan airline, certes, les avions ne sont pas tous équipés d’écran cinéma, et quand ils le sont, ceux-ci ne fonctionnent que rarement avec un choix d’une 12ene de films seulement… Certes, les plateaux repas servis toutes les 3 heures n’ont aucune autre ambition que de nous occuper machinalement dans ce long trajet et n’ont aucune prétention de saveur ou de finesse (ceci dit, je n’ai jamais vraiment trouvé la nourriture des airs raffinée, quel que soit le prix du billet)… Et dernier certes, ils ne servent pas d’alcool. Mais l’avion est arrivé à l’heure, l’escale est rapide dans un petit aéroport, et les bagages sont arrivés à destination en même temps que nous… que demande-t-on de plus pour un billet à moins de 500euros ?Petit massage thaï à l’arrivée, c’est violent mais allongé sur des matelas en kimono avec la clim c’est plus de confort que le vol d’une 15ene d’heures avec escale, on s’endort quand même. Puis un super bon plat qui est apparemment le préféré de Seb ; Merci LingLing.
Le périple d’acheminement « sur place » continue. 20h45 Train de nuit destination Nong Khai. Les couchettes y sont très confortables, et le glissement sur les rails nous plonge paisiblement vers le sommeil.
J+2 Un petit dej nous est servi, au choix american breakfast avec œufs et jambon ou soupe de riz, j’opte pour la deuxième. Un petit gout pimenté au réveil. C’est plus efficace qu’un café.
Arrivés tôt à la gare de Nong Khai, nous prenons une première camionnette TukTuk qui nous amène à la première douane. Remplissage de formulaires pour obtenir le visa laotien. 30euro ou 30dollars. Peu importe. Un peu d’attente pour récupérer les passeports. Contrôle des sacs et c’est parti pour un bus qui nous fait franchir le pont de l’amitié au-dessus du Mékong.
De l’autre côté check à la 2ème frontière. Des conducteurs de van et autres carrosses sur roues nous alpaguent pour nous proposer la course. On choisit un trajet direct pour Vang Vieng dans un van qu’on remplit de kits, jusqu’à en faire une muraille qui s’effondre progressivement de la place passager avant vers le conducteur.
Les paysages sont recouverts d'une poussière orangée au abord de la route. Salagou style...
4-5h de route et une pause bière plus tard nous sommes enfin posés dans une Guesthouse de la ville à touristes de Vang Vieng, pour notre première nuit dans un lit depuis le départ. A l’horizon se dessine enfin des blocs rocheux qui se découpent abruptement du reste de l'horizon. C’est là-dessous que se cachent les réseaux karstiques à explorer. Bien qu’il y ait des cavités à deux pas de Vang Vieng, nous devons continuer notre périple à moto pour nous approcher des réseaux qui avaient commencé à être topographiés deux ans plus tôt.
Un pad thaï, quelques bières et au lit sans se faire prier.
J+3 Location de notre moyen de transport pour les prochains jours. Garant de notre liberté (relative) de se déplacer vers des coins plus reculés, nous louons des motos. Départ de Vang Vieng, je ne sais pas faire de moto, je dois apprendre en 3 secondes. Après quelques frayeurs, je commence à me détendre. La route est fréquentée par toutes sortes de cohabitations, des vaches, des camions imposants, des pickup, des motos, des vélos… et pas de priorité de quoi que ce soit, le plus téméraire passe. 2h plus tard, plus de route goudronnée, on avale un « feu », une soupe de nouille aux crudités, et on repart sur les pistes cette fois. Nouvelle difficulté, on roule moins vite, surtout moi, et on est moins stable, d’ailleurs j’en profite pour m’initier à la chute de moto en passant sur un passage ensablé, le cul chasse, et pouf par terre avec la moto sur la jambe. Je gagne mon premier joli gros tatouage éphémère et bleu, dans un premier temps. 3h plus tard nous arrivons à notre premier camp de base, Muang Met. Nous investissons une Guesthouse pour une semaine. Nos affaires, du moins, resteront dans ce « camp », pendant que des sorties de 2 ou 3 jours de prospection et exploration en binôme seront faite dans des coins encore plus isolés. Sur un séjour de 2 semaines total, cela signifie seulement 3 sessions d’exploration, avec éventuellement de la spéléologie selon la réussite de la prospection. Cela signifie peu. Et de grande chance de frustrations pourvu qu’on ne soit pas dans la bonne équipe, au bon moment, au bon endroit. Cela signifie qu’on n’a pas le temps de prendre 3 secondes pour se reposer ou souffler, il faut être au taquet. Plus on s’éloigne, plus les pistes sont potentiellement mal entretenues, et peu adaptées pour les petites bécanes chinoises que nous chevauchons. Celles-ci mêmes, n’ont pas toujours dues être ménagées dans leur utilisation et l'entretien fait à l’économie. Encore un paramètre qui peuvent réduire ses chances d’exploration. Tomber sur le mauvais numéro, et c’est la panne, et les galères de réparations de bécanes au milieu de nulle part au lieu de spéléoter.
Bref, pas beaucoup de temps après ce long voyage, et carrément beaucoup de possibilités d’en perdre d’avantage.
J+4
Première session expédition, nous partons à 4 vers le village de Bam Nam Phuang. Un binôme pour faire des photographies appliquées et magnifiques de la grotte gigantesque déjà invertie en 2014, un binôme pour continuer la topographie là où elle s’était arrêtée. Arrêt sur manque d’équipement, un ressaut à équiper. Je pars avec un kit contenant 65m de cordes, 15 amarrages et de quoi spiter tout ca. Mon binôme étant déjà de l’expédition 2014 négocie en arrivant le périple. 1 million de Kip pour avoir tout compris, le trajet en pirogue (« motor boat ») aller/retour 2 fois vers la grotte (qui est à 2h de pirogue), l’hébergement au village, la nourriture, la commission pour le prof d’anglais (qui a 15mots de vocabulaire d’anglais) et la commission pour un militaire soit-disant obligatoire. La journée est déjà bien avancée quand on embarque pour remonter la Nam Phuang. La première session sera donc courte, seulement 3h sur place, il faut reprendre les pirogues avant la tombée de la nuit pour éviter de la briser sur les différents obstacles, rochers affleurant et autres troncs en travers de la rivière. Le trajet est plutôt agréable pour une première, ils manient la pirogue avec une grande précision, évitant de justesse les blocs, en remontant les rapides. La jungle est dense de part et d’autre. On gagne à ne pas progresser directement dans celle-ci. Cela prendrait des jours si aucun sentier n’avait été tracé. Lianes, fougères arborescentes, et de toutes formes, et beaucoup de papillons. Puis le paysage commence à se dégager. On aperçoit à l’horizon ces fameuses montagnes rocheuses escarpées sous laquelle passe la rivière par la fameuse grotte (Tham Paca).
On s’arrête à un « camp militaire » 200m avant l’entrée. Les gars en survet’ et Tong sont effectivement équipés de mitraillettes et autre kalachnikov, et surveillent un chantier avec deux pelleteuses, menant à la construction d’une piste reliant ce lieu à Kasi… Plus tard une de nos autres équipes réussira à chuinter cette étape chronophage et tapage de nerfs en négociation par cette piste.
Bref. Nous y sommes. Nous progressons sans mal sur 200 nouveaux mètres d’éboulis sur le flan de la rivière sans avoir besoin de quelconque équipement cordes ou autre. Juste les lampes bien sûr. Ou des lampes un peu juste devrais-je dire, vu les volumes gigantesques de la cavité mon petit faisceau de led petzl est vraiment frustrant. Je regrette de ne jamais avoir investi dans un éclairage plus puissant. Arrêt sur ressaut donnant sur rivière trop puissante pour progresser.
Tham Paca plus de photos :
Le soir on mange et dors chez le père de Mee, le prof d’anglais. Beaucoup de personnes dorment dans cette « grande maison » nous sommes dans le salon ou il y a une télévision, que tout un tas de personne viennent regarder avec absolution. Nous mangeons des poissons grillés très bon, et du riz à tremper dans des sauces pimentés. Et buvons notre caisse de bière achetée dans le seul shop du village détenant un frigo.
Les habitants de la maison attendent bien qu’on soit tous en position couché dans nos duvets avant de commencer à nous laisser tranquille. La nuit s’entrecoupe de tout un tas de bêtes s’exprimant, le chat qui hurle sa mère ; le chien surpris par un de nous qui va pisser, il aboie pendant plus d’une heure, il ne doit pas y avoir souvent de gens dehors la nuit. Et les concerts de coqs qui commencent dès 3h jusqu’au lever du soleil.
J+5
Latence et inertie. Le départ pour la deuxième journée vers Tham Paka devait être de très bon matin. Mais le temps que tout se mette en place, on ne peut pas lutter contre. Le jour se lève et les habitants se rejoignent devant leur maison respective en se réchauffant autour d’un feu de bois.
En bas les femmes se mettent en branle pour préparer un repas. Un petit déjeuné aussi copieux que le diner de la veille. De nouveau des poissons grillés, des légumes pimentés et du riz gluant.
Le ventre plein, nous embarquons de nouveau sur la Nam Phuang pour deux heures de navigation. Une pause obligatoire de discussion au niveau du camp des pelleteuses nous retarde encore. A midi nous sommes enfin dans les gigantesques galeries fossiles du porche aux hirondelles ; les deux binômes aident notre photographe pour faire sa session d’immortalisation. Et manque de bol quand on revient aux pirogues pour continuer l’exploration de la veille, ils sont partis pêcher… On finit par y arriver, mais les pêcheurs ont faim. On picnic dans le gouffre dit de Padirac, ou une petite jungle apparait au milieu du trou d’effondrement.
Il nous reste de nouveau que peu de temps pour progresser. On essaye de passer dans l’eau mais elle est rapidement trop profonde et trop puissante à contre sens. Peu de progression pour aujourd’hui, je remarque une sorte de pente d’effondrement énorme sur un côté menant potentiellement à une partie fossile.
Malheureusement, sablier terminé, on doit de nouveau rentrer. .
du lémurien au PICNIC
Retour en pirogue… Puis retour en moto au camp de base pour rejoindre les autres à Muang Met et partager nos découvertes. Pour nous 300m de topo facile en première, mais de la première toute relative étant donné qu’il y avait des traces d’usures sur certains rochers. Pour d’autres des pannes de moto et des galères.
J+6
Le lendemain nous repartons pour la deuxième session d’exploration avec de nouveaux binômes. Cette fois je décide de partir 3jours. Nous avons entendu parler d’une petite grotte que l’on ne connait pas proche du village de Bam Nam Fuang et il faut absolument retourner à Tham Paca pour explorer la dernière idée, cet effondrement gigantesque, qui pourrait permettre de continuer par une partie fossile, ou vers un gouffre d’effondrement… Bref, sur le trajet moto je cale deux fois dans les montées en 1ere, la moto recule malgré le frein, et je me la prends sur les pattes, je continue la collection de bleus, et ça a tendance à faire perdre mes nerfs et la confiance que j'ai en cet engin. Arrivés au village, les négociations sont pénibles. Mee veut nous faire payer et accompagner d'un militaire pour aller à la petite grotte à 2 pas, Tham Phatok. Alors qu’on va de nouveau balancer un million pour les jours suivants. Je tente de discuter mais y a rien à faire, je ne parviens qu’à m’énerver, et les villageois sont de plus en plus amassés autour de nous. Vont t-ils égorger la poule aux œufs d’or ? Sauf que nous n’avons plus un rond et que c’est le binôme photographe qui nous rejoint le lendemain qui nous avancera, donc no way. Nous n’avons pas assez échangé de devise, et maintenant au milieu de nulle part c’est juste devenu impossible. Il faut dire que les participations aux pirogues et les réparations de moto sont par exemple des frais nettement au-dessus de la moyenne de cout prévisible au Laos. Bref, la négociation, elle n’est pas possible, ils veulent nous faire raquer pour bouger à Tham Phatok, le maire à dit qu’on devait pas y dormir, le maire a dit qu’on devait être de retour au village avant 17h et le maire à dit qu’il faut payer pour le village et prendre un militaire avec nous. On commence à nous évoquer des histoires que les Hmong et de fusillades qui ont eu lieu récemment sur la route nationale 13… Accessoirement Mee nous amène à la rencontre du maire (qui cela dit en passant a lui des jolis tracteurs neufs derniers cris alors que le village se contente de charrettes et bricolages en tout genre). Bref c’est définitif on n’a que le choix d’accepter leurs conditions ou se résoudre à ne pas y aller. Et comme on a pas du tout le temps de faire les difficiles, on y va. Pour couronner le tout ma moto décide de ne plus décoller, et les gamins amassés autour de nous commencent à se marrer comme des bossus. Normal, ils savent tous conduire ce truc et le rafistoler depuis qu’ils ont 5 ans, c’est sur… Bref galère, mais pas tant que ça j’ai juste plus d’essence. Mais le starter ne fonctionne plus et elle cale de plus en plus. Elle non plus n’a pas aimé les chutes de ce matin. Tham Phatok ; petite grotte topographiée en peu de temps, il n y a qu’une 100ene de mètres, mais c’est toujours ça de pris. Elle a été squattée par les moines, il y a pas mal d’inscriptions et de dessins sur les murs, notamment des éléphants ( ??) et des statues de bouddha et vieille poteries d’urnes. Un sommier en bois aussi. Cet endroit est hyper confort et mignon, avec plusieurs petites salles arrondies, on regrette amèrement de ne pas pouvoir y dormir cette nuit.
Plus de photos de Tham Phatok
J+7
Le lendemain nos amis photographes arrivent, les négociations pour la session pirogue change encore, plus cher, et les conditions changent. Ils avaient accepté la veille à ce qu’on y dorme cette fois pour gagner du temps sur place, ça y est ce n’est plus possible. Cette fois nous sommes tous sur la même pirogue, alors que la fois précédente il y en avait deux. On navigue plus lentement et plus aléatoirement, on racle le sol, on est plus lourd, l’embarcation est manipulée plus difficilement, elle manque à plusieurs reprises de chavirer. On nous demandera de sortir marcher sur le bord de la jungle, et dans la flotte au moment où le courant est le plus pénible à passer. A un autre moment, ils nous laissent sur la berge, sans explication et reviennent plus tard nous chercher. Puis ils font demi-tour pour récupérer des poissons morts qui flottent sur un côté (on apprend rassuré qu'ils ont été péché avec de l'explosif). Bref cette fois la remontée dur plus 3h que 2h. Le temps s’écoule. De nouveau il ne nous reste plus que 3h sur place. La pression monte. Pas grave, on trace vers l'éboulement menant au vide que j'avais repéré l'avant veille. On commence à progresser dans le chaos puis dans une pente argileuse. Je passe devant tête baissée. Je progresse trop vite en faisant de vague prise grattées dans l'argile avec mes ongles. Trop de précipitation. La pente augmente, il n'y a plus de prise et j'arrive devant un mur d argile à 90°... pas de prises solides... je commence à penser à désescalader. Mais c’est plus compliqué que d’escalader. Je ne trouve plus les prises que je ne vois pas, je fatigue, mes muscles tétanisent et je glisse..... et j’accélère dans la glissade à plat ventre sans savoir si ça va s’arrêter, le stress, perte de contrôle. Mon binôme m'arrête dans ma chute. Il prend le relais et pose 3 spits. On part sur un équipement avec corde. En attendant je topographie la progression. La suite sera pour demain. Obligé à cause du trajet de retour en pirogue avant le coucher du soleil. Je me ressaisis lentement. Le lendemain départ à 7h sans petit dej pour gagner du temps.
J+8
Aujourd’hui le trajet en pirogue dure encore 3h. On est sur les dents et sur les nerfs. Ils jouent la montre et on est impuissant, on a au moins pu décoller tôt, comme prévu pour une fois. Petit déj au « camps de pelleteuses ». Cette fois il nous reste 6h d’explo sur place. On ne mangera pas à midi pour gagner du temps. Le binôme photo reste près de l’entrée. Après avoir fait quelques tests infructueux dans la rivière avec les bateaux gonflables à contrecourant, avec pourtant de bonnes rames. Nous retournons dans l’éboulis pour continuer la progression de la veille
Cette fois mon binôme commence, il a pour idée de finir tout droit par le dernier mur qui a l’air de surplomber le bord de la salle du haut. Il pose 2 ou 3 spits de plus dans sa progression. Je me sens inutile, je propose de prendre la relève. Ça tombe parfaitement il commençait à fatiguer. Je dois donc passer au-delà du dernier spit pour tenter d’en planter un suivant. Malheureusement le mur en question qui paraissait calcitée, n’est qu’un mur d’argile avec une fine couche par-dessus, je tente un spit dans ce qui me semble être plus un rocher, mais ça ne prend pas. J’imagine le drame si cela avait tenu mais que le bloc n’est pas assez gros pour tenir « planté » dans cette argile. Equiper une voie non pratiqué auparavant. Je me demande mille fois ce qui va tenir ou pas avant d’agir. La progression est lente. Donc cette voie est sans issue. Je fais demi-tour et tente une vire par le côté gauche, comme j’avais imaginé plus tôt. La pente me semble moins forte par là. Mais aucune certitude étant donné la faible portée de nos lampes. Je creuse de grosses marches dans l’argile avec le marteau au fur et à mesure de la progression, comme on fait depuis que je m’étais fait une glissade la veille. J’arrive enfin vers un gros bloc calcaire. Je me cale en face sur ma marche d’argile. Je m’assure sur un mini bout de calcite qui m’a l’air une assurance psychologique plutôt qu’autre chose. Mais le dernier point fixe étant loin, je suis anxieuse. Ce spit là va tenir. Il doit. Et il tient. Heureusement, la marche d’argile commençait à s’affaisser au fur et à mesure que je tapais. Prochaine étape, pas plus simple, je dois escalader un petit obstacle en dévers. Là je prends bien plus de temps que j’aurais fait naturellement en salle. Mais je n’ai pas envie d’expérimenter la chute au-dessus du dernier ancrage. Une fois arrivée au-dessus, ouf ! une nouvelle barre calcaire imposante. Je pose un nouveau bon spit rassurant. J’ai un peu perdu ma caisse, je passe le relais à mon binôme. 2 spits plus loin, nous voilà enfin dans la salle, que nous nommons « Salle du coquillage » pour des raisons obscures. On est en transe d’y être parvenu. J’essaye de continuer à topographier en même temps que je progresse, malgré l’empressement de visiter tout le haut, et le peu de temps qu’il nous reste. Je regrette de nouveau de ne pas avoir plus d’éclairage. La salle est immense et ma faible visibilité me donne le vertige. Je vois qu’en bas des spots lumineux arrivent. Je me demande si nos barreurs laotiens vont vraiment prendre la corde à mains nues. La réponse est oui. 10min plus tard les voilà, nus pieds et tout content de nous rejoindre. Ils sortent leur smartphone pour prendre des photos des alentours. Ils avouent n’avoir jamais mis leur pied ici. Tu m’étonnes, sans corde c’était un casse-pipe. C’est donc une réelle première, nous sommes les premiers à mettre les pieds ici. Cette idée nous exalte. C’est un concept idiot de se dire qu’on a planté notre drapeau en premier, mais c’est grandiose. On tombe sur un début de galerie fossile qui devient moins chaotique que la dite salle du coquillage. Ici on trouve un squelette de serpent gigantesque de 3m de long au moins. Cela fait froid dans le dos. A chaque pas proche d’une faille, je me demande s’il n’en sortirait pas un similaire. D’ailleurs nos laotiens pieds nus font demi-tour peu de temps après. C’est l’heure de rentrer, mais on s’octroie la liberté de rester un peu plus et de continuer la galerie qui s’appelle maintenant galerie du serpent. Les concrétions sont impressionnantes, blanches éclatantes, au plafond pendent un massif remplit d’excentriques, plus loin des drapées ; le sol est saupoudré de cristaux ressemblant à des gros grains de sucre qu’on est forcé d’écraser sur notre passage. Premières traces de dégradations. Tout était intacte, personne n’était jamais passé ici. Joie d’être parvenue à notre graal, frustration de ne pouvoir y rester que moins d’une heure
Retour en pirogue,
Retour à moto de nuit.
J+9
Changement de camps de base, de Muang Met, on déménage vers Kasi. Et une panne sèche pour rallonger un peu.
J+10 +11
Dernière session d’exploration pour nous.
Piste d accès pas si easy que ça. On s est un peu paumé à l arrivée dans des pistes forestières pas très nettoyées. Les énormes arbres tronçonnés s'abattent avec fracas. La moto n’apprécie pas trop la piste pleine de reliquats de branches. Nos mollets non plus. On croise des tas de camions énormes qui n'ont aucune pitié, nous laissant derrière eux avec un nuage de poussière. On fini par trouver la clairière où laisser les bécanes puis la falaise avec les entrées des différentes cavités. On bivouaque direct là. Trop mort pour enchaîner sur de la spéléo on fait juste du bois, un feu de camp et des yumyum. Ne négligeons pas que depuis ce matin ya un truc qui passe pas au niveau digestion. Ça va passer.... j ai de l'Imodium mais pas la forme. La nuit, des chasseurs passent et nous foutent leur phare frontal dans la gueule puis passent leur chemin. Les chauves-souris sortent chasser. Les singes chantent maintenant qu il n y a plus les coups de feu. Ce matin on s'est levé tôt et on a refait toute la topo de la cavité #2, comme demandé. Un nouveau puits de 25m équipé mais malheureusement ça s'arrête la. La suite est obstruée par des troncs et de la terre. On déséquipe tout. Pas le temps d’enchaîner sur autre chose.
Plus de photos de Tham nam Phuang Nua #2
J+12 +13 +14 retour difficile