La Révolution française 1789-1799

"Quinze ans avant l'Ere Républicaine, il courait dans Paris une faible et incertaine tradition sur les excavations et des souterrains, qui existent sous cette grande ville, mais on ne s'en inquiétait point. Mais citoyens legislateurs, la Révolution d'une part a quelquefois ralenti, souvent suspendu les travaux qui consolidaient le sol que nous habitons. D'une autre part le conflit du despotisme et de la Liberté, les tourments politiques, les canons des hommes libres ont retenti dans ces vastes souterrains et ont ébranlé les piliers naturels qui supportent le théatre de nos mémorables combats."

Le directoire exécutif (Pluviose An 6).

 

 

Abolition des privilèges, fin des Chartreux.

1789, 25 avril M. de Nonant (dom Félix), prieur des Chartreux de Paris, doit se rendre à la réunion du Clergé intra muros pour représenter son monastère, en vue de la rédaction du cahier de l'Ordre.

1789, 4 aout : abolition des privilèges

1789, 2 novembre : tout les biens écclésiastiques à la dispositions de la Nation. La valeur totale des revenus de la communauté des Chartreux s'élève en 1790 à 152.471 livres 5 sols 7 deniers.

 

 

1790, février : l'Assemblée décide que la Constitution ne reconnaitrait plus les Ordres monastiques. Des listes de couvents à supprimer paraissent par décret pour vendre leur emplacement. La municipalité de Paris fait demander au députés de transférer la maison des Chartreux à la campagne. Les Chartreux ont beaux être admirateur de Voltaire, et prier pour la concervation et la prosperité de l'Etat, ce sont des proies juteuses et leur patriotisme ne les sauvera pas. Les pétitions, et lettres de derniers espoirs sont présentées à l'Assemblée initié par Dom de Nonant, finissant par "leurs voeux les plus ardents pour le succès de l'Assemblée...".

1790, 14 juillet : fête de la fédération. Des délégués de province (17 d'Alsace et de Bresse) sont invités chez les chartreux et c'est le carnage. Les invités leur font porter le bonnet frigien, les provoquent, ils finissent par se retirer, et les soldats déchirent tout, nappes, tableaux, la vaisselle volent en éclat, les serrures sont forcés, des feux de joie sont allumés avec tout ce qui passe. 14 jours plus tard, les députés ont finit par repartir avec leur gueulle de bois. Après ca plusieurs moines décident de quitter les lieux définitivement.

1792, mars à juin : Petit à petit l'état va confisquer tout ce qu'il peux avoir de la valeur chez les Chartreux, les titres de propriété, puis les tableaux (la Madeleine et les Scènes de la vie de St Bruno de Lesueur, les Philippe de Champaigne, les Audran, les Poussins), les livres (11 740 volumes), et enfin les cloches. En Juillet des affiches sont placardées annoncant la mise en vente du monastère, et là, ils se font même saccager leur potager, récoltes, jardins... En septembre 1792, le dernier chartreux à quitter la rue Denfer, M. de Nonant. Pendant un an il vivra très retiré, parfois malade, hébergé chez des citoyens, ou en pension, dans le quartier du Luxembourg, notemment à plusieurs reprise rue Tournon.

Atlas des carrières de Paris mis en forme par Nexus à partir des planches de l'IGC de 1855

On peut imaginer (enfin, moi je peux), que ce dernier Chartreux est concervé un fort attachement au lieu sacré auquel on l'a arraché. Le souhait premier de ces moines ermites ayant été de mourir et d'être entérré dans le monastère, ce qui n'a pas pu être réalisé. Peut être les moines avaient t-ils caché des biens de valeurs, ou denrées concervables dans les carrières autrefois exploités pour la construction de leur domaine. Peut être M. de Nonan avait t-il accès à ces réserves depuis chez lui, rue Tournon, ou dans le quartier ce qui lui permettait de survivre.

 

 

Un peu de changement à l'IGC

21 juin 1791 : tentative de fuite de la famille royale / arrestation de Guillaumot anciennement nommé par le roi. Duchemin le remplacera.

14 août 1792 (an 1): on ne fait plus mention des 'Saint' sur les plaques de nom de rue. Les saint déjà mentionné sont supprimés, même sur les plaques des carrières de Paris.
Ex. : Rue Jacques

22 septembre 1792 (an 1): proclamation de la République et début du calendrier révolutionnaire (utilisé pendant 13ans). Dans les carrières les dates d'ouvrages de consolidation sont gravées en année de l'ère républicaine.

 

4 juillet 1793 (an 2): Tout signe de royauté doit être banni, les fleurs de Lys sont supprimées, celles des carrières sont burrinées.

1794 : Guillaumot est libéré de prison et retrouve ses fonctions

 

 

 

 

 

Fusillade du Faubourg St Antoine du 28 avril 1789

Fusillade au fauxbourg St Antoine, le 28 avril 1789 : après le pillage de la maison et de la manufacture de Réveillon, les gardes françaises et suisses, qui s'avançoient dans le fauxbourg pour en chasser les brigands, ayant été assaillis par une grêle de pierres et de tuiles qu'on leur lançoit de differentes maisons ; firent feu sur les assaillans dont ils firent un grand carnage : [estampe] / dessiné par Vény et Girardet ; gravé à l'eau-forte par Pélicier ; et terminé par Cl. Niquet

 

Victimes des massacres de septembre 1792

Le 11 juillet l'assemblée déclare la "Patrie en danger" et appele à un engagement de masse dans l'armée pour défendre les frontières menacées par l'Autriche et la Prusse.
La parution du manifeste de Brunswick, le 1er août, dans lesquel la reine Marie-Antoinette menace le mouvement révolutionnaire d'une invasion prussienne, attise la violence des révolutionnaires, et alimente la théorie du complot royalistes et des trahisons.

La nuit du 10 août la bataille des Tuileries éclate, la famille royale est capturée, emprisonnée et privée de tout pouvoir.

Le 2 septembre Verdun tombe au mains ennemies, et les massacres à Paris commencent. Les révolutionnaires estiment qu'on ne peut combattre les ennemis extérieurs correctement tant qu'il y aura des ennemies à l'intérieur.
Ils visent, toutes personnes suspectées de mener une contre-révolution, soit, les prêtres réfractaires, nobles ayant de la famille en prusses, familles émigrées, les prisonniers partisans royalistes (ou suspectés comme tel)... Ces massacres à Paris sont estimés à 1300 victimes.

 

L'arbre de la liberté

Un symbole de la liberté utilisé depuis la récolution française. Généralement des peupliers sont plantés au pritemps, ornés de drapeaux, cocardes et bonnet phrygien.

Les plantations d’arbres de la liberté se multiplient à l’été 1792 : la France, en guerre contre l’Autriche.

 

   

 

 

 

La quête du trésors des Chartreux ; Philibert Aspairt

 

La liqueur des Chartreux était réputée pour ses vertues régénérantes, comme si cette boisson offrait l'immortalité. Elle pouvait donc attirer les convoitises, en particulier pendant la période de difficulté que les Chartreux ont vécu pendant la Révolution.

Le Val-de-Grâce est depuis l'été 1793 devenu un hopital militaire après trois ans sans occupants. Philibert Aspairt est le portier du Val de grâce, et s'il ne détient pas les clefs des escaliers menant dans ses souterrains, il s'est trouvé un moyen d'y pénétrer malgré tout. L'accès du service d'inspection des carrières est ouvert et non surveillé, ou peut être a t-il un arrangement avec le portier... en tout cas le plus probable est que personne ne soit au courant, puisqu'il y restera 11ans... et ne sera retrouvé que son squelette.

1793, 3 novembre : Philibert Aspairt se perd dans les carrières des chartreux. Son squelette est retrouvée en 1804 (30 avril) et une sépulture lui est offerte sur place. La légende veut qu'il était partie en quête de liqueurs des Chartreux. Les chartreux ayant été chassé complètement l'année précédente, le monastère vendu, il avait dû imaginer pouvoir pillier leur éventuelles caches souterraines. Pensait-il devenir riche ou éventuellement immortel ?

En 1810 la modeste tombe initiale sera remplacé par une stèle gravée de son "histoire". Et une cérémonie en hommage fut donné officiellement.

Sur un registre d'acte de décés (retrouvé après les incendies de la Commune), daté du 2 mai 1804 un dénommé Philibert Asper, carrier de profession est déclaré disparu depuis 10 à 12ans.

Ni Charles Axel Guillaumot, qui était inspecteur des carrières lors de la découverte du corps, ni Héricart de Thury succésseur qui fit ériger la tombe n'évoque cet épisode dans leur écrit. Et pourquoi Philibert a t il été inhumé sur place ? Y avait t-il quelque chose à cacher ?

Dessin : Expo Vide Chthonien
La dernière descente de Philibert Aspairt

   

 

 

Rumeurs sur la fréquentation des carrières pendant la Révolution

 

21 septembre 1791 : Suite à la tentative de fuite de la famille royale, des rumeurs courrent sur un plan de fuite par les carrières.

"Le département arrête que la municipalité est chargée de faire faire des recherches plus exactes dans les carrières qui sont sous la ville de Paris et de faire vérifier s'il existe des souterrains au château des Tuileries, de les faire visiter et fouiller."

Charle Axel Guillaumot, architecte des bâtiments du Roi et inspecteur des Carrières de Paris, est écarté de ses fonctions et emprisonné, car suspecté d'avoir aidé la famille royale à s'enfuir, et de leur avoir proposé de se cacher dans les sous-sols. Il était également en relation avec la famille de Axel de Fersen ("ami" de la reine) qui a participé à organiser l'évasion de la famille royale, ce qui alimente les rumeurs.

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Après s'être caché 15 jours dans les carrières de Gypse de Montmartre, le 12 décembre 1789, Jean-Paul Marat est arrété. Il est accusé de calomnie, d'avoir appelé à la violence et d'avoir dénoncer notement M. de Joly, un des secrétaires de l'assemblée, travers son journal "l'ami du peuple".

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Cassini IV, directeur de l'Observatoire de Paris de 1784 à 1793 rapporte avoir été persécuté à plusieurs reprises par des groupes armés cherchant des armes et des suspects dans les carrières sous-jacentes depuis juillet 1789.

 

 

 

> La guillotine dans le XIVème arrondissement 1832-1851 >

 

 

 

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